À quel moment as-tu commencé à trouver normal d'avoir mal ?

3 signes que tu as peut-être normalisé une douleur

qui ne devrait pas faire partie de ton quotidien

Quand j'étais petite, je ne comprenais pas pourquoi ma grand-mère ne venait pas s’asseoir à côté de moi par terre pour jouer.

Elle restait le plus souvent assise au bord du canapé ou du fauteuil. Se mettre au sol lui était devenu difficile. Se relever encore plus.

Je la revois aussi s'appuyer quelques instants contre une clôture pendant nos promenades, ou prendre discrètement appui sur le plan de travail de la cuisine lorsqu'elle s’y affairait.

Le soir, souvent, elle me demandait de lui masser les pieds, le dos ou les épaules pour soulager ses douleurs.

J'observais. Et comme j'entendais partout autour de moi : « En vieillissant, c'est normal d'avoir mal », j'ai fini par acquérir cette croyance.

Aujourd'hui, j’ai un tout autre regard.

Ma grand-mère n'est pas devenue comme ça du jour au lendemain. Comme beaucoup d'entre nous, elle s'est adaptée petit à petit à ses douleurs, et accepté des limitations jusqu'à les considérer, avec le temps, comme normales.

C'est peut-être aussi ce qui est en train de t'arriver.

Tu continues à vivre normalement. Tu travailles, tu fais du sport, tu jardines, tu voyages ou tu profites de tes petits-enfants. Pourtant, sans vraiment t'en apercevoir, tu modifies déjà certaines habitudes. Tu évites un mouvement, tu renonces à une activité ou tu changes ta façon de faire pour ne pas réveiller la douleur.

La bonne nouvelle, c'est que ces changements arrivent rarement du jour au lendemain. Ils s'installent progressivement subtilement.

Le problème n'est pas seulement la douleur. C'est qu'à force de s'adapter, on ne remarque pas toujours le moment où l'on commence à trouver normal d'avoir mal.

Voici trois signes qui peuvent t'aider à repérer que tu t'es peut-être habitué à une situation qui mérite, au contraire, toute ton attention.

1. Tu adaptes progressivement ta façon de vivre… et de bouger

Cela commence rarement par un grand renoncement.

Tu es content(e) de la caméra de recul de ta voiture parce que ton cou est un peu raide et ça tire trop quand tu tournes la tête.

Tu mets une genouillère "au cas où" avant une randonnée ou pour ton entraînement.

En train ou en avion, tu choisis une place où tu pourras tendre une jambe, ou tu apprécies de l'aide pour mettre ta valise en haut.

Ces petites adaptations semblent anodines. Pourtant, elles racontent toutes la même histoire : peu à peu, tu organises ton quotidien autour de la douleur plutôt qu'autour de tes capacités.

Le cerveau adore les habitudes. Chaque mouvement évité ou compensé devient alors progressivement sa nouvelle référence.

À cela s'ajoute un autre phénomène souvent méconnu : use it or lose it.

Notre système nerveux entretient, pour économiser de l'énergie, ce que nous utilisons régulièrement… et délaisse progressivement le reste.

Sauter, s'accroupir, garder l'équilibre sur un pied, changer de direction rapidement, générer de la puissance ou lever complètement les bras sont autant de capacités qui s'entretiennent.

On peut être très actif, marcher ou courir plusieurs kilomètres par semaine ou pratiquer un sport… tout en perdant peu à peu des nos autres capacités essentielles parce que nos schémas de mouvements deviennent réduits, répétitifs ou compensatoires.

C'est toute la différence entre être en forme… et avoir un corps réellement fonctionnel.

Ce ne sont pas ces adaptations qui sont problématiques en elles-mêmes. C'est le fait qu'elles deviennent, sans que tu t'en rendes compte, ta nouvelle normalité.

2. Tu penses que c'est l'âge… ou que rien ne peut vraiment expliquer ta douleur

C'est probablement la phrase que j'entends le plus souvent : « c'est normal, je vieillis. »

Cette croyance est tellement répandue qu'elle finit par devenir une évidence.

Pourtant, vieillir ne signifie pas être condamné à perdre progressivement sa mobilité ou à vivre avec des douleurs.

À 71 ans, Ginny MacColl est devenue la femme la plus âgée à terminer le parcours d'American Ninja Warrior, alors qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans une salle de gym avant ses 50 ans.

Son parcours rappelle une chose essentielle : notre cerveau conserve toute notre vie une remarquable capacité d'adaptation grâce à la neuroplasticité¹.

À l'inverse, il arrive aussi que les examens médicaux ne montrent rien d'inquiétant alors que la douleur est bien présente.

C'est déroutant et surtout cela ne signifie ni que la douleur est imaginaire, ni qu'on n'a pas encore trouvé « la bonne lésion ».

Les examens évaluent l'état des tissus, mais ils ne mesurent pas la manière dont ton cerveau interprète les informations qu'il reçoit.

C'est d'ailleurs pour cette raison que deux personnes présentant des images médicales très similaires peuvent vivre des expériences totalement différentes².

Comprendre cela change souvent complètement la façon d'aborder la douleur.

3. Tu cherches surtout à faire disparaître la douleur

Lorsque la douleur s'installe, notre premier réflexe est naturel : nous cherchons à la faire taire.

Massages, manipulations, étirements, anti-douleurs, anti-inflammatoires… toutes ces approches peuvent être utiles et apporter un réel soulagement momentané.

Mais lorsque la douleur revient systématiquement, il est peut-être temps de se poser une autre question.

Si le problème n'était pas seulement ce qui fait mal… et regarder plutôt les informations que reçoit ton cerveau ? (Voir mon article)

Ce qui importe ce n'est pas à diminuer le signal de douleur. En améliorer la qualité des informations sensorielles envoyées au cerveau, il va réévaluer sa perception de danger qu'il a associé à certains mouvements et en quelque sorte t'a bloqué.

Combinée au mouvement fonctionnel, ces blocages se lèvent dès lors que les messages sont plus pertinents, clairs et plus nombreux.

Tu retrouves de l'amplitude, de la fluidité. La confiance dans son corps revient et tu conserves tes capacités essentielles.

L'objectif n'est donc pas seulement d'avoir moins mal.

C'est de continuer à faire ce qui compte pour toi, aujourd'hui… et dans les années à venir.

Une autre façon de regarder la douleur

Quand je repense à ma grand-mère, je me dis surtout que nous disposons aujourd'hui de connaissances qu'elle n'avait pas.

Nous avons longtemps considéré la douleur comme un simple problème mécanique. Aujourd'hui, les neurosciences nous montrent une réalité beaucoup plus nuancée.

Comme je l'explique dans mes précédents articles, la douleur est une expérience produite par le cerveau à partir des informations venant de l'état des tissus, le système visuel, vestibulaire, proprioceptif, tes expériences passées, tes émotions ou encore le contexte dans lequel tu te trouves³.

C'est ce qui me rend profondément optimiste. Oui, vieillir c'est inévitable. En revanche, considérer la douleur ou la perte progressive de capacités comme une fatalité ne l'est pas.

Ce qu'il faut retenir

Avoir mal n'est pas toujours le signe que ton corps est en train de se détériorer.

C'est avant tout un message produit par ton cerveau en vue d'un changement. On ne peut pas se fier à la douleur pour localiser le "problème". Il est nécessaire d'avoir une approche plus globale.

Grâce à la neuroplasticité, ton système nerveux dispose tout au long de notre vie une remarquable capacité d'adaptation et de reconfiguration.

Donc au lieu de se focaliser sur :« Comment faire disparaître cette douleur ? »

Penses plutôt : « Quelles informations mon cerveau reçoit-il aujourd'hui… comment je peux les améliorer pour qu'il lève les freins et que je puisse bouger avec aisance ? »

Parce que bien vieillir ne consiste pas seulement à vivre plus longtemps.

Il consiste à préserver les capacités qui te permettront de continuer à faire ce que tu aimes, avec le plus de liberté possible.

Rappel : il n'est jamais trop tard pour (re)-commencer.

Et toi ?

Dans que cas tu t'es reconnu?

As tu remarqué qu'il y a des activités que tu adaptes de plus en plus en disant que c'est à cause de ton âge?

Pour expérimenter la neuro appliquée tu peux télécharger mon e-book gratuit :

 LE KIT SOS NEURO EXPRESS

À ton excellente neuroplasticité,

Ressources scientifiques

¹Merzenich, M. M. (2013).

"Soft-Wired: How the New Science of Brain Plasticity Can Change Your Life."

Parnassus Publishing.

²Brinjikji, W., et al. (2015).

"Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations."

American Journal of Neuroradiology, 36(4), 811–816.

³Moseley, G. L. (2007).

"Reconceptualising pain according to modern pain science."

Physical Therapy Reviews, 12(3), 169–178.

Rita


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